samedi 3 juin 2017

Wonder Woman, de Patty Jenkins


C'était avant qu'elle ne devienne Wonder Woman, à l'époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s'écrase sur l'île paradisiaque où elle vit, à l'abri des fracas du monde. Lorsqu'il lui raconte qu'une guerre terrible fait rage à l'autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu'elle doit enrayer la menace. En s'alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l'étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

J'ai assisté hier soir à l'avant-première de Wonder Woman au Cap'Cinéma de Carcassonne. Ce film, réalisé par Patty Jenkins, est l'origin-story de la célèbre héroïne de comics créée par William Moulton Marston en 1941.

Vous avez sans doute encore en tête la Wonder Woman de la série télévisée, un peu kitch, interprétée par Lynda Carter entre 1975 et 1979. C'est désormais (et depuis 2016) Gal Gadot qui prête ses traits à l'Amazone et elle ne manque ni de grâce ni de prestance quand elle enfile le costume de l'héroïne.

Dans un film qui retrace les origines de Wonder Woman, de sa naissance sur l'île de Themyscira à ses actions d'éclats au cours de la première guerre mondiale, Patty Jenkins (la réalisatrice) pose un regard bienveillant sur les personnages qui prennent vie devant sa caméra. En effet elle met sur un pied d'égalité hommes et femmes en insistant non plus sur la plastique irréprochable de ces dernières mais bien sur leur caractère et sur leur force morale. On s'attarde certes sur l'allure athlétique des guerrières que sont les Amazones mais non plus sur leur attribus féminins. Bien loin d'être filmées comme des êtres désirables et hypersexualisés, ces femmes sont mises en avant, par la réalisatrice, pour leurs valeurs et leurs principes moraux (sans pour autant cacher leur charme).

Le casting est convaincant. Gal Gadot (Wonder Woman) offre une très belle prestation. La guerrière qu'elle incarne est forte mais porte un regard empreint de la naïveté inhérente à ces gens qui ont vécu longtemps coupés du monde moderne. Elle porte un regard à la fois curieux et songeur sur le monde et la guerre que se livrent les humains. Gal Gadot porte un personnage tout en nuances oscillant entre les convictions d'une guerrière surentraînée et la candeur d'une jeunesse qui découvre les réalités de la vie par delà les frontières de son île natale. Physiquement endurante, mais dont le moral est ébranlé quand elle réalise qu'elle peut sauver le monde sans pour autant sauver tout le monde, Wonder Woman touche le public par sa naïveté sans jamais paraître ridicule ou pathétique.
A la fois adulte cultivée capable de s'exprimer aisément dans plus d'une centaine de langues et jeune femme dont les convenances ne sont pas en adéquations avec l'univers des hommes et de la première guerre mondiale qu'elle découvre horrifiée, Wonder Woman prend vie de façon très crédible au travers d'une Gal Gadot touchante, charismatique et élégante. Lien entre le passé, le présent et le futur, jonction entre mythologie et réalité, elle est l'incarnation parfaite de la femme forte et cultivée mais qui doute et porte un regard teinté de tristesse et d'espoir sur le monde. Une déesse certes, mais dont la part d'humanité la rend attachante aux yeux des mortels.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste : on retrouve Chris Pine dans le rôle du capitaine Steeve Trevor, Connie Nielsen et Robin Wright dans les rôles d'Hyppolita et d'Antiope, David Thewlis, Danny Huston et Elena Anaya (qui s'offrent deux personnages détestables). Si Gal Gadot est parfaitement à sa place dans son rôle, l'ensemble du casting lui donne la réplique avec brio. 

La mythologie s'invite dans l'histoire de l'humanité  pour nous propulser dans un récit historique fantastique détonnant et rythmé. L'humour justement dosé illumine les heures les plus sombres de la guerre. 
Les scènes d'action et de combat sont parfaitement chorégraphiées, les SFX s'intègrent efficacement tout au long du film et offrent un spectacle grandiose dans lequel la 2D se suffit à elle-même.
La reconstitution du Londres de l'époque et des tranchées boueuses sont remarquables de réalisme. Il en est de même pour les accessoires, véhicules... Quant aux costumes, le travail est de qualité que ce soit pour les tenues des Amazones, les uniformes de guerres ou les vêtements des civils.

Si le film peut paraître long dans sa première partie, il permet de présenter comme il se doit Wonder Woman, ses origines et comment elle se retrouve à prendre part dans un combat duquel elle aurait pu se tenir éloignée. Le long métrage gagne en intensité dans sa seconde moitié, une fois dans le feu de l'action. Un bel équilibre qui accorde autant de place aux personnages qu'à l'intrigue et au combat que mène Wonder Woman et les hommes qui l'accompagnent dans sa quête de justice (mais également dans sa quête identitaire).

Le film s'équilibre entre le fond (scénario riche) et la forme (esthétique irréprochable), les personnages ne sont ni tout blancs ni tout noirs, tantôt sûrs d'eux tantôt traversés par les doutes, l'homme et la femme semblent enfin trouver leur place de façon égale. 

Une très belle adaptation dont le personnage de Wonder Woman sort dépoussiéré de l'image kitch qu'on pouvait en avoir jusqu'alors. Un film à l'esthétique inouie qui ne prend jamais le pas sur le scénario (signé par Allan Heinberg et Geoff Johns, d'après une histoire d'Allan Heinberg et Zack Snyder, d'après les personnages créés par William Moulton Marston). Certains films mettent l'accent sur l'esthétique au détriment du récit, d'autres livrent une histoire alambiquée pour masquer un visuel brouillon. Ici il n'en est rien !
Ce nouvel opus DC n'a rien à envier à la concurrence Marvel. Il amène une mise en scène et une esthétique fortes qui mettent ce Wonder Woman au même niveau que "Batman The Dark Night" après un "Suicide Squad" qui avait laissé le public et la presse fort mitigés.
Patty Jenkins signe là une origin-story maîtrisée et élégante que l'on prend plaisir à voir.

Lady Fae

5 commentaires:

  1. Je suis entièrement d'accord ce film va rester dans les annales projet qui a failli ne voir jamais le jour car il a été abandonné par la première productrice puis ensuite repêcher par un autre et enfin la dernière productrice qui mérite une ovation car étant un très grand fan de notre super woman Lynda carter il était difficile de lui succéder mais la je suis totalement conquis et ravi car le film et d une beauté autant dans l histoire que les personnages 2h20 sans un faux pas ni de longueur interminable c est le film de l année bravo ❤️❤️❤️

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    1. Ravie de voir que je ne suis pas la seule à être enthousiaste face à ce film !

      Merci pour votre avis !

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  2. un bonjour sur votre page. rendez-vous à Paris pour la cérémonie de remise des prix de 'la nuit des blogs' ;) en attendant vous pouvez visiter mon blog " Voyage onirique" ici : http://mondefantasia.over-blog.com/ Au plaisir

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